le doigt dans l’oeil présente

SAUVAGE

17 jours de roadtrip sur les terres
de glaces en Islande

17 jours. C’est le temps qu’il nous a fallu pour boucler ce périple de 4000km autour de l’Islande. 17 jours à la recherche de soi-même, à se perdre dans des paysages désolés et souverains, où l’Homme est vulnérable face à l’immensité de la nature.

Ce projet, c’est le fruit d’un voyage que j’avais en tête depuis longtemps. J’ai donc passé 3 semaines en Islande avec un ami, en road trip.

Autant de nuits à guetter les aurores boréales, à se préparer pour dormir sur nos sièges dans la voiture, à s’habiller, à se réchauffer dans le duvet, et à contempler une terre hostile, mais tellement dépaysante et sauvage.

ON DIRAIT PRESQUE LE SUD


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Notre arrivée à l’aéroport nous donne le ton. Un vent glacial vient nous accueillir, pourtant nous étions bien préparés.

On récupère la voiture qui va nous servir de maison pendant les 2 prochaines semaines. Première déconvenue, ce n’est pas le modèle réservé en ligne et le coffre à l’arrière ne nous permet pas de dormir allongés.

On se fait alors à l’idée qu’on va devoir passer les prochains jours à dormir sur les sièges de devant.

Arrivés à l’auberge, on pose nos affaires, faisons quelques courses et allons profiter d’un bon repas dans un resto sur le port pour entamer cette aventure.

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Le lendemain, direction le cercle d’Or, un regroupement de sites incontournables pour la majorité des touristes qui survolent l’Islande et qui sont très proches de la capitale. Geysir, et ses geysers indomptables qui crachent par intermittence des gerbes d’eau jusqu’à 20 mètres de hauteur. Sensations garanties ! Ou encore Gullfoss, une des nombreuses chutes d’eau que compte le pays et l’une des plus visitées.

En quelques minutes, le dépaysement est total et perceptible. Nous passons notre 1ère nuit dans la voiture, sur un camping fermé où nous sommes les rois. On sent que passer la nuit dans la voiture sera toute une organisation. Le vent, le vent, est tellement fort qu’il nous faut utiliser les 2 mains pour fermer la voiture. Se laver les dents prend vite des allures des Robinson Crusoé.

On nous signale la possibilité d’observer des aurores boréales (en plein mois de mai) vers 2h du matin. On aperçoit au loins des vagues dégradées de vert qui ondulent derrière les nuages. On ne sera pas si c’est notre cerveau qui nous joue des tours ou si les flous de formes oscillantes sont réellement des aurores boréales.

Les prochains jours nous enfoncent sur de petites routes de terre où les touristes se font rares. On se fait peur à rouler sur des pistes de sable noir, dans un désert de plaines emmurés de volcans blancs et enneigés. Le 4×4 dès les premiers jours, souffrent de notre naïveté. On casse assez rapidement le bas de caisse en se prenant pour des Indiana Jones en herbe – « Mais si ça passeeeee !! … ». On est heureux.

On file sur les îles Vestmann, un archipel situé au sud du pays et peuplé de 4 000 personnes et l’été d’une colonie de millions d’oiseaux Macareux.

Ile volcanique née en 1963 suite à une éruption. Le soir, nous prenons un verre avec les jeunes du coin, fans de Stromae et de toutes sortes de boissons alcoolisées…

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Retour sur la terre ferme en fin d’après-midi, après avoir été coincé sur l’île car nous avons raté le bateau du matin.
On court vers une attraction phare de notre voyage, que nous attendions avec beaucoup d’impatience : la carcasse d’un DC3 de l’aviation américaine.

Pour y arriver avant la nuit, nous avons dû marcher 1h dans le vent et le froid avec notre matériel photo sur les épaules.

Ce n’est pas tant le froid le problème en Islande, c’est le vent le véritable ennemi. Et malgré un équipement à la mesure de ces terres hostiles, il nous pénétrait de tous bords. On arrivait glacés mais excités comme des gamins devant un spectacle de magie.

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Il est tard. Les restos sont fermés depuis 21h. On s’arrête pour la nuit, à l’arrache sur ce que l’on croit être un parking d’hôtel ***. On s’apercevra le lendemain qu’il s’agissait simplement du bord de la route.

Aujourd’hui, on jette notre dévolu sur l’une des plus belles chutes d’eau du sud de l’Islande : Skogafoss.

On y passe 6 heures, dont 5 sous une pluie battante, à tenter de prendre les plus belles photos, sous tous les angles. Rares sont les moments où l’on se retrouve seul face au monstre d’eau. Je profite de l’occasion pour me prêter au jeu du « selfie de dos », une prise de vue que j’affectionne particulièrement.

J’aime tout particulièrement prendre un paysage avec une présence humaine car cela permet de donner une intensité et une dimension encore plus forte dans mes photos. Je préfère prendre les gens de dos, peut-être par timidité, c’est une forme de pudeur que j’aime plutôt bien et qui me paraît plus naturelle à l’image.

J’y rajoute un effet de pose longue, qui me permet de figer les éléments et de donner une dimension surréaliste de la scène.

On passe le reste de la journée à trainer autour de Vik, la ville principale du sud et ses fameuses plages de sable noir et ses falaises atypiques.
Le soir même, on reprend la route jusqu’à Jokulsarlon, la lagune glaciaire qui nous faisait tant rêver et qui a servi de décor à de nombreux films.
Sur la route, c’est le passage de la terre à la glace sur moins de 100km. La magie de l’Islande !

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Lever aux aurores pour essayer de prendre ces morceaux de glace transpercés par les rayons du soleil. Malheureusement pour nous, et ce fut l’une de mes plus grandes déceptions du voyage – avec la nourriture islandaise -, le temps était maussade, gris, terne.

Et malgré avoir attendu et passé 8h dehors, j’ai bien compris que c’était loin d’être suffisant et que la patience n’a pas la même valeur ici. J’aurais voulu attendre 1j ou 2 mais comme souvent, il fallait avancer.

N’empêche, l’endroit est magnifique. Déjà, le bruit de la glace qui se brise du glacier me faisait penser aux morceaux de chocolat que l’on casse avec les mains dans les pub TV. Des coups secs qui résonnent.

Ensuite, la longue promenade de ces fragments de pureté, qui sont attirés par la liberté, celle de rejoindre l’Océan Atlantique. Ils ne sauront jamais qu’ils finiront par fondre quelques jours plus tard. Ahah !

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Il est temps de quitter cette lagune glaciaire pour retrouver une étape clé dans notre parcours, Höfn. La ville qui marque le passage du Sud aux fjords du Grand Est.
La route est toujours aussi belle et incroyable.

Höfn est réputée pour ses langoustines (hors de prix) délicieuses. On ne s’en privera pas. On refait le plein de provisions, une bonne douche chaude dans un camping, et en route pour la 2ème partie de notre voyage : Les Fjords de l’est et les montagnes enneigées

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